Tainui Atea et le parc naturel de la mer de Corail souhaitent renforcer les échanges entre deux grandes aires marines du Pacifique
23 septembre 2026
Le service du parc naturel de la mer de Corail et de la pêche du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie a accueilli, jeudi 10 septembre à Nouméa, une délégation de la direction de l’environnement (DIREN) de la Polynésie française. Une rencontre placée sous le signe du partage d’expériences et de la recherche de nouvelles pistes de coopération entre les deux grandes aires marines : Tainui Atea et le parc naturel de la mer de Corail.
En marge de la 11ᵉ Conférence des îles du Pacifique sur la conservation de la nature, organisée au centre culturel Tjibaou par le Programme Régional Océanien de l’Environnement (PROE), le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie et la Table ronde des îles du Pacifique pour la conservation de la nature (PIRT), une délégation de la DIREN de Polynésie française a été accueillie au SPNMCP, à Nouméa.
La délégation, composée de Terena Hargous-Chartiez, en charge des espaces protégés, Francine Tsiou Fouc, directrice adjointe de l’environnement de la Polynésie française, et Roselin Tuira, cheffe de projet biodiversité marine, a d’abord été invitée à visiter l’Amborella, le navire multimission de la Nouvelle-Calédonie, en compagnie du chef de service du parc naturel de la mer de Corail et de la pêche et des représentantes de l’Office français de la biodiversité en Nouvelle-Calédonie. La rencontre s’est poursuivie dans les locaux du Parc avec les agents du service pour deux heures d’échanges fructueux.
Des expériences à partager
Cette rencontre a, en premier lieu, permis de renforcer les liens entre les équipes chargées de deux vastes espaces marins du Pacifique, de partager leurs expériences et leurs réalités de terrain et d’identifier des pistes de coopération pour les années à venir.
Si leurs dimensions et leurs contextes diffèrent, Tainui Atea et le parc naturel de la mer de Corail présentent de nombreux points communs.
Créé en 2014, le parc naturel de la mer de Corail couvre l'ensemble de la zone économique exclusive de la Nouvelle-Calédonie, soit environ 1,3 million de km². Depuis le 1er janvier 2024, 10 % de cet espace (intégrant les récifs coralliens) sont placés en protection forte. Les réserves naturelles et intégrales, véritables nurseries de tortues et d’oiseaux marins pour tout l’ouest du Pacifique, font l’objet de nombreux partenariats de recherche depuis 13 ans. Un moratoire de 50 ans sur l’exploration et l’exploitation des ressources minérales protège l’intégralité des fonds marins de l’espace maritime de la Nouvelle-Calédonie.
Avec une superficie d'environ 4,8 millions de km², Tainui Atea constitue pour sa part un espace marin considérable à l'échelle du monde : il s’agit depuis 2025 de la plus grande aire marine protégée, devant le Marae Moana des îles Cook et la Réserve naturelle nationale des Terres australes françaises (TAAF). Les fonds marins y sont également intégralement protégés.
Les deux aires marines d’Océanie sont confrontées à des enjeux communs en matière de conservation des espèces et des écosystèmes, de connaissance du milieu marin, de valorisation des usages durables et des patrimoines matériels et immatériels, mais aussi de suivi et de surveillance de vastes espaces océaniques où le défi est faire respecter la réglementation.
Les réalités de terrain ne sont toutefois pas identiques. Le parc naturel de la mer de Corail se caractérise notamment par l'absence d’implantation de population humaine dans son périmètre, tandis que les enjeux de gestion, d'usages et de fréquentation peuvent prendre d'autres formes dans les espaces maritimes polynésiens où les îles éloignées sont peuplées. Un réseau d’aires marines protégées locales, adaptées aux réalités de chaque archipel est en cours de construction dans les Gambier, les Îles de la Société Ouest, les Australes et les Marquises. Ces aires locales permettront de mettre en place des mesures de protection spécifiques, en lien avec les usages traditionnels, la pêche locale et la préservation des lagons et récifs.
Une volonté commune de mieux coopérer
Les échanges ont permis d'aborder de manière concrète les méthodes et outils développés par les deux équipes. Une attention particulière a été portée au suivi des espèces, notamment des tortues marines, ainsi qu'aux dispositifs permettant d'améliorer la gestion des espaces maritimes.
Le SPNMCP a notamment partagé l'expérience de la Nouvelle-Calédonie en matière de suivi et de surveillance de son espace maritime, avec les outils innovants et pointus, développés en collaboration avec l'État.
Au-delà des sujets techniques, les échanges ont également permis de confronter les expériences quotidiennes des équipes, leurs méthodes de travail et les réalités propres à chacun des deux territoires. La rencontre a ainsi fait apparaître, au-delà de l'intérêt partagé pour la conservation de la biodiversité marine et la promotion d'usages durables, une réelle volonté de poursuivre les échanges et d'examiner des collaborations concrètes.
Une coopération inscrite dans une dynamique régionale
Cette volonté s'inscrit dans une démarche engagée de longue date entre la Nouvelle-Calédonie et la Polynésie française. Le 13 décembre 2024, à l'occasion de l'inauguration de l'Année de la mer polynésienne à Papeete, les représentants des deux gouvernements avaient adopté une déclaration commune intitulée : « Nous peuple de la mer, nous engageons à unir nos actions pour préserver le mana de notre Océan ! »
Cinq engagements avaient alors été identifiés :
- préserver les récifs coralliens et la santé des lagons ;
- renforcer la coopération scientifique et l'acquisition de connaissances sur les grands fonds marins, notamment en œuvrant pour un moratoire sur l'exploitation minière sous-marine ;
- promouvoir des modèles collaboratifs de protection des espaces et des ressources marines à travers leurs aires marines protégées respectives et leur jumelage ;
- placer l'Océan au cœur de l'innovation à travers leurs programmes respectifs, « Territoire d'innovation NC » et « Polynésie, Océan d'innovation » ;
- développer les énergies renouvelables à grande échelle pour contribuer à la protection de l'Océan.
Tainui Atea et le parc naturel de la mer de Corail – Nè kwié pûû möru – sont ainsi appelés à promouvoir une vision commune de la protection et de la gestion de l'océan, dans le respect des spécificités de chacun des deux territoires.
Cette dynamique avait notamment pris une dimension internationale avec la tenue, à Nice en juin 2025, de la troisième Conférence des Nations unies sur l'Océan (UNOC 3).
Une première étape : partager régulièrement les avancées
La rencontre du 10 septembre 2026 entre les deux équipes constitue une nouvelle étape dans cette démarche.
Parmi les premières pistes évoquées figure la réalisation d'une lettre d'information consacrée aux principaux dossiers conduits par les deux aires marines. Elle permettrait de partager régulièrement les actualités, les projets, les suivis et les expériences des équipes de Tainui Atea et du parc naturel de la mer de Corail.
Une manière simple et concrète de maintenir le lien, de mieux faire connaître leurs actions respectives et, progressivement, de faire émerger de nouvelles coopérations.
Conscientes des défis de gestion de ces deux grands espaces océaniques, les équipes confrontées à des contextes différents, sont animées par un même souhait : mieux partager les expériences pour contribuer, ensemble, à la préservation de l'océan Pacifique et de ses richesses naturelles.
Pour en savoir plus :
https://www.service-public.pf/diren/2024/11/28/tainui-atea-le-plan-de-ge...