Corail 600 : découvrir le Parc à travers les étapes de la course
La réserve naturelle de la ride de Norfolk
Instaurée le 1er janvier 2024 par le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, cette réserve du Parc protège un vaste ensemble de monts sous-marins et d’écosystèmes océaniques situés au sud de l’île des Pins. Cette zone constitue un corridor écologique majeur pour la mégafaune marine, notamment les baleines à bosse et d’autres mammifères marins. Elle englobe notamment le mont sous-marin Antigonia. Ce relief volcanique profond est reconnu pour son intérêt écologique et géologique, tout comme ses voisins, les monts Stylaster et Munida. Les travaux scientifiques menés par l’Ifremer sur ces sites, dans le cadre du programme KASEAOPE, contribuent à améliorer la connaissance de ces grands fonds encore largement inexplorés, et leur rôle dans l’écosystème.
La réserve prolonge, en outre, le parc marin australien de Norfolk, formant ainsi un corridor écologique de 600 kilomètres de long, protégeant ainsi la migration des baleines à bosse. Elle contribue à préserver des habitats profonds riches en biodiversité et essentiels au fonctionnement des écosystèmes océaniques. Son classement vise à sanctuariser des monts sous-marins potentiellement sensibles aux pressions humaines. Cette protection s’inscrit enfin dans le moratoire de 50 ans adopté en 2025 par la Nouvelle-Calédonie sur les fonds marins du domaine maritime de la Nouvelle-Calédonie.
Le banc Ellet et le banc de l’Orne
Le banc Ellet et le banc de l’Orne sont deux monts sous-marins situés dans le Parc, sur la ride des Loyauté, à l’Est de l’île de Walpole. Ces reliefs océaniques, dont les sommets se trouvent à faible profondeur, jouent un rôle écologique majeur dans l’immense espace marin calédonien. Les campagnes scientifiques MARACAS (programme WHERE) et aujourd’hui MÉGAFAUNE ont montré qu’ils constituent des zones de rassemblement privilégiées pour les baleines à bosse lors de leur migration hivernale, du sud antarctique vers les eaux plus chaudes de la mer de Corail. Le banc de l’Orne, intégré à la réserve naturelle La Monique-île de Walpole instaurée en 2024, est classé zone importante pour la conservation des baleines à bosse. Les cétacés y trouvent des secteurs favorables au repos, à la socialisation et parfois à l’alimentation. Ces monts sous-marins servent également d’habitats pour de multiples espèces (dont certaines restent à découvrir) et de zones de nourrissage pour des requins, poissons pélagiques et oiseaux marins. Plus largement, ils illustrent la richesse des écosystèmes profonds du Parc, qui compte plus de 500 monts sous-marins encore largement méconnus. Témoins de l’impressionnante géodiversité du domaine maritime de la Nouvelle-Calédonie, ces milieux fragiles font aujourd’hui l’objet d’un intérêt scientifique croissant et de mesures de protection renforcées par le moratoire de 50 ans sur les fonds marins adopté en 2025.
Plus à l’Est et parallèle à la ride des Loyauté, la fosse des Nouvelles-Hébrides peut atteindre les 7 000 mètres au-dessous du niveau de la mer. Une partie de ces fonds abyssaux qui borde la ZÉE du Vanuatu a été classée réserve naturelle en 2024 pour sa grande importance écologique et biologique.
La réserve naturelle de La Monique-île de Walpole
Située à 150 kilomètres à l’est de l’île des Pins, Walpole est une île corallienne inhabitée de 170 hectares, entourée de falaises abruptes culminant à 80 mètres. Isolée des grandes routes maritimes, elle constitue un refuge précieux pour de nombreuses espèces marines et oiseaux nicheurs. Depuis le 1er janvier 2024, l’île et ses récifs sont protégés au sein de la réserve naturelle « La Monique – île de Walpole », nommée en mémoire du caboteur disparu il y a 70 ans.
Ce territoire singulier abrite une biodiversité remarquable, avec au moins neuf espèces d’oiseaux marins nicheurs, dont les fous à pieds rouges et les pailles-en-queue, ainsi qu’un reptile micro-endémique, le scinque Epibator insularis, décrit en 2019. Reconnue comme zone importante pour la conservation des oiseaux, l’île est aujourd’hui menacée par le rat du Pacifique, la fourmi électrique et le faux mimosa, des espèces invasives introduites, à différentes périodes, notamment lors de l’exploitation intensive du guano de 1916 à 1942.
Face à ces pressions, le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie et l’IRD ont lancé en 2025 une phase de préfiguration d’un programme de restauration écologique soutenu par l’État (à travers le Fonds vert et le programme France Nation verte) et l’Office français de la biodiversité, encadré par le service du parc naturel de la mer de Corail et de la pêche.
Le milieu pélagique
Les vastes eaux du large, éloignées des récifs et des îles constituent le milieu pélagique. Cet écosystème océanique, dominé par les courants, abrite une biodiversité remarquable : thons, marlins, mahi-mahi, requins océaniques, tortues marines, baleines à bosse et nombreux oiseaux marins y trouvent des zones de nourrissage, de migration ou de reproduction. Véritable carrefour biologique du Pacifique sud-ouest, les eaux du parc naturel de la mer de Corail jouent un rôle essentiel dans la connectivité écologique entre la Nouvelle-Calédonie, le Vanuatu, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et la Papouasie–Nouvelle-Guinée. La qualité de ces eaux, encore relativement préservées, favorise le maintien de grands prédateurs marins, indicateurs d’un océan en bon état écologique.