Programme Mégafaune : la deuxième campagne du volet « Oiseaux marins » sur le départ

23 janvier 2026

Science

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Ce samedi 24 janvier, une équipe de chercheurs de l’IRD, de membres de l’association Bird Conservation NC ainsi qu’une vétérinaire embarquent à bord du Te Fetia pour une mission scientifique d’une dizaine de jours, à d’Entrecasteaux.

Objectif : poursuivre l’étude des relations entre les colonies d’oiseaux marins du Parc, par la réalisation de prélèvements biologiques et la pose de balises GPS sur les individus fréquentant les îlots Fabre et Le Leizour (atoll de la Surprise).

Le volet « Oiseaux marins » du programme de suivi de la mégafaune du parc naturel de la mer de Corail s’intéresse à la connectivité entre les communautés d’oiseaux marins se reproduisant sur les îlots du Parc. Ce volet piloté par l’IRD vise à mieux comprendre les échanges génétiques entre les différents îlots, à évaluer leur risque d’exposition à la grippe aviaire, et à identifier les zones d’alimentation utilisées pendant la reproduction.

 

Baptisée Cocorico 2, la campagne estivale a débuté aux Chesterfield, fin 2025 : une première équipe s’est rendu du 10 au 21 décembre 2025 pour y répliquer les différents protocoles d’étude établis lors de la première campagne menée du 3 au 25 juillet 2025, sur cinq îlots isolés du Parc : Mouillage 1 et Loop (aux Chesterfield) ; Fabre, Le Leizour et Surprise (dans les atolls d’Entrecasteaux), également à bord du Te Fetia.

 

Accumuler les données

 

Les campagnes oiseaux marins du programme Mégafaune ont déjà mobilisé une dizaine de participants de l’IRD, du CNRS, de l’université de la Nouvelle-Calédonie, de la DAVAR, de l’association Bird Conservation NC, ainsi que plusieurs vétérinaires locaux.

Sur ces sites où les oiseaux marins nichent par milliers, des prélèvements biologiques sont réalisés sur trois espèces abondantes : les Fous à pieds rouges, les Noddis bruns et les Sternes fuligineuses.

Ces prélèvements doivent permettre d’analyser la structure génétique des populations du Parc, afin d’évaluer leur degré de connectivité entre elles et avec les autres populations de la région. Les autres analyses portent sur la contamination ou l’exposition passée au virus de la grippe aviaire, qui affecte depuis plusieurs années des populations d’oiseaux dans le Pacifique Sud.

 

Des outils innovants au service de la connaissance

 

Lors de ces premières campagnes, l’équipe scientifique avait déjà testé la pose de balises GPS ultra-miniaturisées sur quelques Noddis bruns. La méthode a été validée et utilisée avec succès en décembre au Chesterfield et sera donc à nouveau déployée à d’Entrecasteaux, afin d’étudier avec précision le comportement des oiseaux lors de leurs trajets d’alimentation en mer.

À terme, ces résultats contribueront à renforcer les mesures de conservation dans ce vaste espace marin, où les oiseaux marins jouent un véritable rôle de sentinelles des changements globaux, tout en participant activement au bon fonctionnement écologique des îlots et des récifs.

 

Le programme Mégafaune est financé par l’État via le Fonds Vert et France Nation verte, l’Office français de la biodiversité (OFB), le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, l’IRD et le WWF. Encadré par le SPNMCP, il vise à mieux connaître les oiseaux nicheurs, les cétacés, les tortues marines et les grands requins.

 

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