Corail 600 - Une odyssée à la voile en mer de Corail
L’évènement sportif
Inspirée des grandes courses au large, la Corail 600 a l’ambition de réunir des équipages engagés autour d’un défi où stratégie, endurance et esprit d’équipe sont essentiels. De la ride de Norfolk aux rivages de Maré, de Walpole la mystérieuse au grand lagon sud, la régate traverse des sites emblématiques et préservés, afin de célébrer la richesse de la biodiversité marine.
Cette course au large inédite organisée par le Cercle Nautique Calédonien s’adresse à des monocoques autoredressables de huit mètres minimum. Les équipages peuvent concourir en double ou en équipe, en jauge IRC ou au temps réel),
La Corail 600 est une course à la voile de catégorie 2, classée « difficile ». Elle privilégie donc les équipages ayant validé une course de catégorie 3 et suivi une formation de survie en mer.
Ouvertes depuis le 13 avril, les inscriptions sont closes depuis le 13 mai.
Avant le départ, les équipages inscrits bénéficieront d’un briefing concernant la météo, les courants et la sécurité en mer. Ils recevront également une balise de tracking et devront signaler leur position toutes les six heures par message texte, durant la course.
Le trajet de la course
Au fil des étapes, les équipages traverseront des sites emblématiques du parc naturel de la mer de Corail et des eaux des provinces Sud et îles Loyauté : la réserve naturelle de la ride de Norfolk et le mont sous-marin Antigonia ; le banc Ellet et le banc de l’Orne, sur la ride des Loyauté, en longeant la fosse des Nouvelles-Hébrides ; l’île de Maré ; la réserve naturelle de La Monique-île de Walpole ; l’île des Pins et le grand lagon sud. (Voir encadré.)
Le trajet très exigeant comporte, en outre, des zones d’exclusion: des zones de la corne Sud du Grand Lagon Sud, la réserve intégrale Merlet et le récif Durand.
Le départ de la CORAIL 600, toutes catégories confondues (open et double) sera donné le samedi 13 juin, à 16 h, baie des Citrons. Les premiers équipages sont attendus à Nouméa dès le jeudi suivant.
La remise des prix se tiendra au CNC le vendredi 19 juin, à 18 h.
La semaine du Parc au CNC
Au lendemain du départ, le dimanche 14 juin, le village de l’événement prendra place au Yacht Club du CNC, baie des Pêcheurs, pour une journée de découverte du parc naturel de la mer de Corail, ouverte à tous les publics : expositions, rencontres et présentations des programmes menés pour le Parc, stand des partenaires et membres du comité consultatif du Parc, découverte virtuelle, animations artistiques et musicales, restauration…
Tout au long de la journée, le service du parc naturel de la mer de Corail et de la pêche du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, aux côtés de ses partenaires informera les visiteurs sur les grands enjeux à l’œuvre dans cet espace singulier : préservation des milieux, missions scientifiques, défi de surveillance, recherche d’équilibre entre usages et conservation.
Du lundi 15 au vendredi 19 juin, l’espace lounge du CNC (à l’étage) accueillera en matinée des animations destinées aux plus jeunes : ateliers découverte du Parc avec le Centre d’initiation à l’environnement de Nouvelle-Calédonie, ateliers de pratique artistique avec des plasticiens, initiation aux sports nautiques à l’école de voile du CNC.
Chaque fin de journée, le lounge accueillera des rendez-vous conviviaux ouvert au public : projections à 17 h ; conférences et échanges sur les grands enjeux du Parc, à 18 h), juste avant le point course quotidien dans la salle des Trois mâts, à 19 h.
- Restez connectés sur les réseaux du Parc pour découvrir le programme détaillé.
- Pour en savoir plus sur la régate, consultez le site du Cercle Nautique Calédonien, autorité organisatrice de la course.
Découvrir le Parc à travers la course
La réserve naturelle de la ride de Norfolk
Instaurée le 1er janvier 2024 par le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, cette réserve du Parc protège un vaste ensemble de monts sous-marins et d’écosystèmes océaniques situés au sud de l’île des Pins. Cette zone constitue un corridor écologique majeur pour la mégafaune marine, notamment les baleines à bosse et d’autres mammifères marins. Elle englobe notamment le mont sous-marin Antigonia. Ce relief volcanique profond est reconnu pour son intérêt écologique et géologique, tout comme ses voisins, les monts Stylaster et Munida. Les travaux scientifiques menés par l’Ifremer sur ces sites, dans le cadre du programme KASEAOPE, contribuent à améliorer la connaissance de ces grands fonds encore largement inexplorés, et leur rôle dans l’écosystème.
La réserve prolonge, en outre, le parc marin australien de Norfolk, formant ainsi un corridor écologique de 600 kilomètres de long, protégeant ainsi la migration des baleines à bosse. Elle contribue à préserver des habitats profonds riches en biodiversité et essentiels au fonctionnement des écosystèmes océaniques. Son classement vise à sanctuariser des monts sous-marins potentiellement sensibles aux pressions humaines. Cette protection s’inscrit enfin dans le moratoire de 50 ans adopté en 2025 par la Nouvelle-Calédonie sur les fonds marins du domaine maritime de la Nouvelle-Calédonie.
Le banc Ellet et le banc de l’Orne
Le banc Ellet et le banc de l’Orne sont deux monts sous-marins situés dans le Parc, sur la ride des Loyauté, à l’Est de l’île de Walpole. Ces reliefs océaniques, dont les sommets se trouvent à faible profondeur, jouent un rôle écologique majeur dans l’immense espace marin calédonien. Les campagnes scientifiques MARACAS (programme WHERE) et aujourd’hui MÉGAFAUNE ont montré qu’ils constituent des zones de rassemblement privilégiées pour les baleines à bosse lors de leur migration hivernale, du sud antarctique vers les eaux plus chaudes de la mer de Corail. Le banc de l’Orne, intégré à la réserve naturelle La Monique-île de Walpole instaurée en 2024, est classé zone importante pour la conservation des baleines à bosse. Les cétacés y trouvent des secteurs favorables au repos, à la socialisation et parfois à l’alimentation. Ces monts sous-marins servent également d’habitats pour de multiples espèces (dont certaines restent à découvrir) et de zones de nourrissage pour des requins, poissons pélagiques et oiseaux marins. Plus largement, ils illustrent la richesse des écosystèmes profonds du Parc, qui compte plus de 500 monts sous-marins encore largement méconnus. Témoins de l’impressionnante géodiversité du domaine maritime de la Nouvelle-Calédonie, ces milieux fragiles font aujourd’hui l’objet d’un intérêt scientifique croissant et de mesures de protection renforcées par le moratoire de 50 ans sur les fonds marins adopté en 2025.
Plus à l’Est et parallèle à la ride des Loyauté, la fosse des Nouvelles-Hébrides peut atteindre les 7 000 mètres au-dessous du niveau de la mer. Une partie de ces fonds abyssaux qui borde la ZÉE du Vanuatu a été classée réserve naturelle en 2024 pour sa grande importance écologique et biologique.
La réserve naturelle de La Monique-île de Walpole
Située à 150 kilomètres à l’est de l’île des Pins, Walpole est une île corallienne inhabitée de 170 hectares, entourée de falaises abruptes culminant à 80 mètres. Isolée des grandes routes maritimes, elle constitue un refuge précieux pour de nombreuses espèces marines et oiseaux nicheurs. Depuis le 1er janvier 2024, l’île et ses récifs sont protégés au sein de la réserve naturelle « La Monique – île de Walpole », nommée en mémoire du caboteur disparu il y a 70 ans.
Ce territoire singulier abrite une biodiversité remarquable, avec au moins neuf espèces d’oiseaux marins nicheurs, dont les fous à pieds rouges et les pailles-en-queue, ainsi qu’un reptile micro-endémique, le scinque Epibator insularis, décrit en 2019. Reconnue comme zone importante pour la conservation des oiseaux, l’île est aujourd’hui menacée par le rat du Pacifique, la fourmi électrique et le faux mimosa, des espèces invasives introduites, à différentes périodes, notamment lors de l’exploitation intensive du guano de 1916 à 1942.
Face à ces pressions, le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie et l’IRD ont lancé en 2025 une phase de préfiguration d’un programme de restauration écologique soutenu par l’État (à travers le Fonds vert et le programme France Nation verte) et l’Office français de la biodiversité, encadré par le service du parc naturel de la mer de Corail et de la pêche.
Le milieu pélagique
Les vastes eaux du large, éloignées des récifs et des îles constituent le milieu pélagique. Cet écosystème océanique, dominé par les courants, abrite une biodiversité remarquable : thons, marlins, mahi-mahi, requins océaniques, tortues marines, baleines à bosse et nombreux oiseaux marins y trouvent des zones de nourrissage, de migration ou de reproduction. Véritable carrefour biologique du Pacifique sud-ouest, les eaux du parc naturel de la mer de Corail jouent un rôle essentiel dans la connectivité écologique entre la Nouvelle-Calédonie, le Vanuatu, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et la Papouasie–Nouvelle-Guinée. La qualité de ces eaux, encore relativement préservées, favorise le maintien de grands prédateurs marins, indicateurs d’un océan en bon état écologique.