Le programme de collecte de données sur les DCP dérivants en Nouvelle-Calédonie
Le SPNMCP est chargé de la collecte des DCP dérivants retrouvés en Nouvelle-Calédonie. © CPS
Les objectifs du programme de collecte de données sur les DCP dérivants de la Nouvelle-Calédonie et du programme régional d’évaluation de l’impact environnemental de l’échouage de DCP dérivants en zones côtières de la CPS sont, à leurs niveaux respectifs :
- la caractérisation des phénomènes de dérive et d’échouage des DCP dérivants ;
- l’évaluation de l’impact environnemental de ces phénomènes ;
- l’identification de l’origine des DCP dérivants.
Les résultats obtenus permettent d’alimenter les discussions au sein de la WCPFC et contribuent à l’amélioration de la gestion des DCP dérivants dans la région. Au niveau local, il est important pour la Nouvelle-Calédonie de caractériser ce phénomène dans son espace maritime pour défendre ses intérêts au sein de la commission et œuvrer pour la réduction des impacts d’une activité opérée hors de territoire.
Le programme néo-calédonien de collecte de données sur les DCP dérivants constitue un outil essentiel pour améliorer la compréhension de ce phénomène encore peu documenté. En fournissant des informations précises sur les caractéristiques, l’état, la localisation et l’origine des DCP échoués, ainsi que sur les milieux qu’ils impactent, les signalements permettent de mieux évaluer leur incidence environnementale en Nouvelle-Calédonie.
L’alimentation continue de la base de données locale renforce les capacités d’analyse et offre un socle de connaissances solide pour appuyer la position de la Nouvelle-Calédonie dans les discussions menées au sein de la WCPFC. Ce travail contribue également à l’évolution des réglementations régionales, à l’image de l’interdiction d’intégrer des filets dans la structure des DCP, désormais en vigueur dans le Pacifique Ouest et Central depuis le 1er janvier 2024, et, dans le Pacifique Est ,depuis le 1er janvier 2025.
À l’échelle locale, les initiatives de réutilisation de certains composants des DCP, comme les batteries ou les panneaux solaires, témoignent d’une appropriation concrète par les communautés. De plus, la réaffectation de bouées en bon état sur des DCP ancrés calédoniens, portée par un programme de la CPS, en partenariat avec la province Sud (Projet RECON), illustre le potentiel de valorisation de ces dispositifs, notamment grâce à l’usage des fonctions GPS et sondeur pour optimiser leur suivi et leur efficacité. Cliquez ici pour en savoir plus.)
Qu’est-ce qu’un DCP dérivant ?
Selon la partie du DCP considéré, c’est-à-dire la structure flottante, son revêtement ou bien les appendices immergés, les matériaux utilisés diffèrent. Ces dispositifs flottants sont généralement constitués :
- d’une partie flottante - un radeau de bambous et/ou des flotteurs en plastique (flotteurs jaunes ou tubes de PVC), recouverts par des filets, des toiles ou parfois des bâches plastiques (de couleur noire, afin de les rendre plus difficilement détectables par les pêcheurs concurrents) ;
- d’une bouée satellite qui permet aux propriétaires de les retrouver ;
- d’une partie immergée, qui fait office d’attracteurs pour les poissons : une traîne constituée de filets ou de cordes qui peuvent atteindre une profondeur moyenne de 50 mètres. Ces filets, et spécifiquement ceux avec de grandes mailles, représentent un risque élevé pour la faune marine. Ils peuvent aussi s’enchevêtrer dans les récifs coralliens et provoquer, sous l’effet des courants, d’importantes dégradations du milieu.
Cette technique est utilisée dans le Pacifique central et occidental par la pêche thonière à la senne. Les DCP dérivants jouent un rôle clé pour ces pêcheries industrielles dont dépendent 40 % des captures. Elles constituent une source de revenus non négligeable pour certains pays et territoires insulaires du Pacifique.
Néanmoins, leur utilisation, bien qu'encadrée au sein de la commission des pêches du Pacifique occidental et central (WCPFC), est devenue intensive avec plus de 40 000 DCP dérivants déployés chaque année dont une grande partie est perdue ou abandonnée. Elle génère aujourd’hui des pollutions marines et l’échouage de ces objets sur les côtes des pays et territoires de la région est un réel sujet de préoccupation. Ces échouages sont aussi bien constatés dans les pays et territoires insulaires où la pêche à la senne est autorisée (ex. : Île Marshall, Tuvalu), que dans des pays et territoires où aucune activité de pêche à la senne n’est autorisée (ex. : Îles Cook, Polynésie Française, Nouvelle-Calédonie).
Il est important de noter qu’il existe aussi des DCP ancrés utilisés pour la pêche côtière. Ils permettent notamment de réduire la pression de pêche sur les récifs côtiers. En Nouvelle-Calédonie, comme dans d’autres pays et territoires, les DCP ancrés sont autorisés et bénéficient aux communautés locales.
En Nouvelle-Calédonie, le phénomène est peu connu et peu documenté. Cependant des DCP dérivants ont pu être observés au large par les observateurs des pêches de la Nouvelle-Calédonie, ou encore retrouvés échoués sur nos côtes. Aujourd’hui, ces DCP dérivants, souvent abandonnés, peuvent générer des dégâts environnementaux, en détruisant les coraux, ou en provoquant le maillage d’espèces sensibles comme les tortues. Ils sont également un danger potentiel pour la navigation. Ainsi en 2022, la Nouvelle-Calédonie a initié son programme territorial de collecte de données sur les DCP dérivants avec l’appui de la Communauté du Pacifique (CPS).
Pour plus d'information : consultez le bilan du programme de collecte 2022-2024, téléchargeable en bas de page.
La collecte de données en Nouvelle-Calédonie
Une observation peut être constituée soit de la structure flottante (avec sa traîne présente ou non), soit de la bouée satellite ou bien des deux. Les informations relevées en priorité sont les suivantes :
- la nature de l’objet : DCP sans bouée satellite, DCP avec une bouée satellite, bouée satellite seule ;
- le numéro d’identification unique de la bouée ;
- une quelconque inscription sur la bouée ;
- la date de l’observation ;
- le lieu de l’observation (latitude/longitude ou nom de la plage, de la ville, de l’île...) ;
- tout impact environnemental ou animal pris au piège détecté.
Entre 2015 et 2024, on comptabilise en Nouvelle-Calédonie, 96 observations de DCP dérivants, retrouvés échoués ou à la dérive, réparties sur l’ensemble du territoire : Grande Terre, Îles Loyauté, lagon, parc naturel de la mer de Corail, îlots éloignés (65 ont été enregistrées depuis la création du programme en 2022). La majorité des signalements correspondent à des DCP et/ou bouées échoués sur une plage (40,6%). Des observations sont également constatées à proximité de récifs coralliens (18,8 %), dans le lagon (10,4 %) et à l’intérieur de mangroves (2,1 %)...
D’où viennent les DCP?
La plupart des DCP dérivants signalés en Nouvelle-Calédonie ont été déployés en haute mer vers la zone équatoriale du Pacifique, là où se concentrent les principales zones de pêches. Les courants marins se dirigeant généralement d’Est en Ouest dans le Pacifique poussent ces DCP sur des milliers de kilomètres jusqu’en Nouvelle-Calédonie.
Pour plus d'information : consultez le bilan du programme de collecte 2022-2024, téléchargeable en bas de page.
Que faire lorsque vous trouvez un DCP dérivant ?
Si vous le pouvez, notez en priorité les informations suivantes :
- la nature de l’objet : DCP sans bouée satellite, DCP avec une bouée satellite, bouée satellite seule ;
- le numéro d’identification unique de la bouée ;
- une quelconque inscription sur la bouée ;
- la date de l’observation ;
- le lieu de l’observation (latitude/longitude ou nom de la plage, de la ville, de l’île...) ;
- tout impact environnemental ou animal pris au piège que vous aurez observé.
Et contactez le SPNMCP:
Service du parc naturel de la mer de Corail et de la pêche
19, avenue du maréchal Foch – Immeuble Foch, 9e étage - BP M2 - 98849 - NOUMÉA CEDEX
Courriel: merdecorail@gouv.nc
Tél. : 27.06.64