L’Amborella lève l’ancre…

25 November 2021

Actu

img_5656.jpg

7h du matin, mercredi 24 novembre, Port Moselle. L’équipage s’affaire et procède aux dernières vérifications. Les scientifiques montent à bord. Le Capitaine salue tout le monde. L’Amborella va bientôt larguer les amarres. Direction Chesterfield et Entrecasteaux pour le suivi annuel de ponte des tortues vertes.

« C’est toujours un vrai plaisir de partir en expédition, s’exclame Morgane REIX-TRONQUET, chargée de la science au service du parc naturel de la mer de Corail et de la pêche. Cette fois-ci, nous prenons la mer pour 17 jours pour deux missions, l’une à Chesterfield, entre la Calédonie et l’Australie, l’autre à d’Entrecasteaux, au Nord des Belep. Nous y allons tous les ans, à la période de ponte des tortues, pour suivre leur fréquentation sur les îlots du parc naturel de la mer de Corail. » 

Une mission annuelle de suivi de pontes des tortues vertes

5 comptages seront effectués sur les îlots. Le premier jour est consacré au nettoyage des traces sur la plage sur 1,50 mètre de large avec une herse et un râteau. Un trait est ensuite tracé avec un boulet dans cette zone nettoyée. Le lendemain matin, juste avant le lever du soleil, l’équipe vient relever les nouvelles traces des tortues qui coupent le trait. « 2 traces signifient qu’une tortue est montée sur l’îlot et redescendue », précise Morgane. En moyenne, 201 montées quotidiennes aux « V des Chesterfield » ont été relevées pour la précédente saison de ponte, en 2019-2020, beaucoup plus que les 3 années précédentes. Sur d’Entrecasteaux, 217 montées quotidiennes en moyenne ont été relevées pour la même période :  une année moyenne. Il nous faudra patienter quelques semaines et le retour de l’Amborella pour connaître les résultats de cette saison.

Des missions annexes

Au programme également de cette mission :  un inventaire ornithologique avec la SCO, Société Calédonienne d'Ornithologie. Chesterfield et Entrecasteaux sont en effet des zones clés pour la conservation des oiseaux. Pas moins de 14 espèces y ont élu domicile : fous à pieds rouges, fous bruns, puffins du Pacifique, sternes fuligineuses… Un suivi pérenne est indispensable pour recenser et suivre l’évolution des ces populations d’espèces emblématiques. Autres missions : la réalisation de profils de plage permettant de surveiller l’évolution du phénomène d’érosion et la stabilité des îlots pour le compte du service géologique de la Nouvelle-Calédonie ; le changement des loggers (enregistreurs de données) de température dans le sable qui permettent d’étudier l’influence de la température des nids de tortues sur le sexe des nouveaux nés ; le suivi des espèces envahissantes, notamment la fourmi électrique à Chesterfield ; et le nettoyage des îlots, surlesquels se sont échoués de nombreux déchets plastiques qui dérivent dans l’océan. 3 spécialistes embarquent pour réaliser la totalité de ces missions : 2 agents du parc naturel de la mer de Corail et une personne de la SCO. Un photographe, pour le compte du Parc, et un reporter de Calédonia complètent l’équipe afin de valoriser en images ces travaux. Sans oublier le capitaine, son second et les 3 membres de l’équipage. Tous motivés et heureux de prendre la mer. Retour dans 17 jours…