Les pêcheurs hauturiers calédoniens au service de la science

20 March 2026

Pêche Science

Mario Lopez et Guillaume Le Marchand de l’Armement du Nord, Marc Ghergariou, Cynthia Wickham de la CPS et leurs invités lors de l’installation du premier dispositif sur le navire Saint-Gabriel.

Mario Lopez et Guillaume Le Marchand de l’Armement du Nord, Marc Ghergariou, Cynthia Wickham de la CPS et leurs invités lors de l’installation du premier dispositif sur le navire Saint-Gabriel.

En Nouvelle-Calédonie, les navires de pêche thonière deviennent de précieux alliés pour mieux comprendre l’Océan. Une coopération régionale inédite permet désormais de collecter des données scientifiques directement en mer, au cœur des zones les moins observées du Pacifique.

Ce vendredi 20 mars, le navire thonier Saint-Gabriel, de l’Armement du Nord, a été équipé d’un dispositif de suivi des variables environnementales océaniques. Cette installation marque le lancement concret d’un partenariat initié par la Communauté du Pacifique (CPS) avec la Fédération de la pêche hauturière de Nouvelle-Calédonie, l’université des Nouvelles-Galles du Sud (UNSW), à Sydney, et l’appui du service du parc naturel de la mer de Corail et de la pêche de la Nouvelle-Calédonie.

Combler un manque de connaissances dans le Pacifique équatorial

Sous la surface de l’océan, les données restent encore trop rares, notamment sur la température et l’organisation des couches d’eau. Pourtant, ces informations sont essentielles pour affiner les prévisions météorologiques, mieux anticiper l’intensité et la trajectoire des cyclones ou encore comprendre les effets du changement climatique sur les ressources marines, en particulier les ressources thonières.

Pour y remédier, le projet Fishing Vessel Ocean Observing Network (FVON, programme d’observation océanique par les navires de pêche) mise sur une solution simple et innovante : utiliser les navires de pêche hauturière comme plateformes d’observation. Des capteurs sont ainsi fixés directement sur les lignes de pêche, au point le plus bas de la palangre. Lorsqu’ils sont déployés, ces capteurs descendent dans la colonne d’eau, enregistrent automatiquement des données de température et de pression à différentes profondeurs, puis les transmettent à distance, grâce au boîtier fixé sur le pont. Le tout sans perturber les activités de pêche ni nécessiter d’intervention supplémentaire de l’équipage. Les données sont analysées par l’UNSW, et des bilans sont diffusés aux différents acteurs du projet pour éclairer les stratégies de gestion.

Un soutien du Fonds Pacifique

Principalement financée par le Fonds Pacifique et la CPS, cette initiative qui implique les gouvernements de la Nouvelle-Calédonie et de la Polynésie française prévoit l’installation de 20 capteurs “Moana” sur des navires hauturiers des deux collectivités. Les données collectées viendront alimenter les modèles scientifiques utilisés à l’échelle régionale et internationale. Elles permettront d’améliorer la prévision des phénomènes météorologiques extrêmes, de mieux suivre l’évolution des écosystèmes marins et d’anticiper les déplacements des ressources halieutiques.

Au-delà de l’innovation technique, ce projet illustre une dynamique de coopération régionale renforcée entre territoires du Pacifique. Il contribue également à rapprocher le monde de la pêche et celui de la recherche, en valorisant le rôle des professionnels comme acteurs à part entière de la connaissance scientifique.

 

Des données précieuses

Dans le Pacifique, les zones les moins bien observées correspondent souvent à celles où se concentre la pêche thonière. En équipant les navires de capteurs, les scientifiques transforment ces trajets quotidiens en véritables campagnes de mesure à grande échelle.

Ce modèle, déjà utilisé ailleurs dans le monde, permet de collecter des données précieuses à moindre coût. Il contribue à améliorer la sécurité en mer, les prévisions météorologiques et la gestion durable des pêcheries, tout en renforçant la résilience des territoires face au changement climatique.

Ces données partagées constitueront des ressources précieuses pour tous les États de la zone et viendront en appui d’une meilleure gestion des ressources par la WCPFC (Commission des pêches du Pacifique central et occidental).

img_0420.jpg

Latest News

Atolls d'Entrecasteaux, mission Tictac (IRD) - (c) Mohsen Kayal, 2024.
28 January 2025
gouvernance

The Coral Sea Natural Park, which has been operating for a decade, recently underwent a transformation in its leadership structure.

Surveying a reef in the Coral sea Marine Park ©Daniela Ceccarelli
15 May 2019
Science

In April 2018, Parks Australia and James Cook University scientists began a three year program to monitor the health of some of Australia’s remotest and most pristine coral reefs in the Coral Sea Marine Park.

Entrecasteaux îlot Huon ©DAM-NC SPE
15 March 2019
Science environnement

 

 

 

A new five-year action plan for the Entrecasteaux Atolls, linked to the 2018-2022 natural park of the Coral sea management plan, replaces the existing management plan which concluded at the end of 2018.